Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 19:58
[C’est plus dur pour le premier. Walter est le premier. L’enfant sage. Celui qui a tout laissé passer. Il ne saura jamais si sa vie comme ça leur va. Tu sais, j’ai longtemps cru que j’étais un enfant d’ailleurs. Tellement qu’il t’était impossible de le prendre dans tes bras. Il ne se souviens pas. Si je ne me souviens pas c’est bien parce que cela n’est jamais arrivé.]

[Elle est morte celle qui mettait du papier journal sous la chaise haute pour que l’enfant ne salope pas le lino]

[Il m'a dit, mon père : ma mère est morte en juillet]

Par moody
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /Juil /2008 18:04
Tu n'as jamais su, tu n'y même jamais fait attention. D'ailleurs je me demande à quoi tu faisais attention. J'étais là, tout Walter que j'étais. Tout malingre tout lunetteux tout moche que j'étais. Tu ne me voyais pas me jeter sur cette radio. Tu ne voyais pas comme j'étais fou du monde, de ce qu'il s'y passait. Tu ne voyais pas ce petit têtard infâme l'oreille collée au poste. Tous les jours à la même heure. Tu sais je n'avais rien en moi ni amour ni haine ni désir ni désordre. Je vivais sans peine sans effort comme celui qui n'a besoin de rien de pas grand-chose. Tu n'as jamais posé un regard bienveillant. Tu ne m'as jamais pris contre ton corps ton coeur entre tes bras. Tu ne m'as jamais souri comme on sourit à un enfant. Je l'ai vu ailleurs ce sourire, il existe, il m'émeut, il me frappe aux tempes à la poitrine. Je l'écoutais vibrer le monde. Je posais mon oreille contre la radio. Si tu m'avais aimé embrassé, mon oreille se serait alors posée sur ton coeur. Je me serai blotti au fond de ta poitrine pour l'éternité.
Par moody
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 19:22
Maman mouillait son doigt. Elle l'humectait puis venait enlever la tâche que j'avais sur le nez, la bouche, aux commissures des lèvres, là où il y avait cette satanée tâche que je ne voyais ni ne sentais jamais. Je n'aimais pas ce doigt, son odeur, sa façon de venir effacer ce qui faisait désordre juste avant prendre un escalier, de sonner à une porte et de glisser vers les autres. Ces autres non plus je ne les aimais pas avec leurs doigts que je ne regardais jamais à l'époque mais que je savais menaçants puisqu'ils pointaient vers moi. Et Walter... ? Toujours mon prénom, jamais une douceur un brin possessive avec, jamais le petit, jamais ton garçon, jamais cet enfant si doux qui ne dit rien qui jamais n'est revêche ni rebelle. Jamais ça, juste et Walter ? Et Walter, il travaille bien à l'école ? Il n'a pas l'air un peu demeuré à rien dire ni à rien vivre comme un enfant ? Et Walter, il n'a pas de fiancée ? Walter il est sérieux comme un pape qu'on en fera un ministre à condition qu'il ouvre la bouche, qu'il pousse un cri, qu'il montre un signe de vie. Maman mouillait son doigt pour enlever la tâche qui ferait honte face aux autres. Maman vérifiait que Walter ait toujours des slips propres pour ne pas lui faire honte au cas où il aurait un accident dans la rue et qu'on le déshabillerait pour l'aider à vivre enfin comme un enfant. Walter, lui, se figurait tout défiguré, avec une tare, un chromosome en moins même si il ne savait que ça s'appelait comme ça. Et Walter ? Qui ne pleure pas quand la chienne elle est morte. Walter, ce cœur refroidi par le silence qui ne donne pas signe de vie de tristesse quand la chienne elle meurt. Et Walter ? Qui voit encore ce long doigt grossier vilain qui vient lui souiller le visage. Walter qui se berçait la nuit si tard en gémissant en dormant et que l'on venait tancer d'une grosse voix posée au bout d'un long doigt vilain et grossier. Et Walter, silencieux le jour, gémissant la nuit se tenant la tête et se berçant. Et maman qui n'a jamais su guérir Walter de ça. Son Walter ! Le sien ?
Par moody
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 20:25
Ailleurs. Venir. Je m'appelle Walter. Je suis un minus. Qui arrive au terminus. Je m'appelle Walter. Et je n'arrive plus à me soulever. Lourd comme un cheval mort, comme dirait l'idole aux mites. Je m'appelle Walter et j'ai un PPK à la place du coeur. Je viens donc achever mon parcours dans cette zone à rides. J'y creuserai mon trou. Que je remplirai de gangue. Entre nous. Juste un accord calcite. Ne viens surtout pas déterrer le lâche de guerre.
Par moody
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